Démangeaison et prurit chez le chien

Démangeaison et prurit chez le chien : Deux synonymes aux multiples causes

Conséquences d'une démangeaison ou prurit  chez un chien
Conséquences d'une démangeaison importante chez un chien

Prurit est un nom masculin apparu dans la langue française vers 1271 et emprunté au latin pruritus "démangeaison", lui-même dérivé de prurire « éprouver une démangeaison ».

Selon le dictionnaire Larousse, le prurit est une sensation naissant dans la peau et entraînant une envie de se gratter.

Le synonyme est « démangeaison ». Il est également associé au terme « grattage » qui définit lui l’action de gratter ou de se gratter.

En médecine vétérinaire, le prurit peut être défini comme une sensation cutanée déplaisante associée à l’envie immédiate de la soulager par divers comportements, dont le grattage. De manière téléologique, il peut être interprété comme un mécanisme primaire de défense de l’organisme, permettant d’écarter physiquement l’agent potentiellement dangereux, que ce soit un organisme ou un stimulus.

 

Description

Le prurit est un des motifs de consultation les plus fréquents chez les animaux de compagnie. En effet les démangeaisons qu'il présente peuvent parfois être très sévères,  et sources de nombreuses lésions traumatiques. C’est un élément non spécifique, associé à un grand nombre de maladies, dont une allergie, et notamment une dermatite atopique canine ou une allergie alimentaire due à un allergène contenu dans son alimentation. En dermatologie, il est très fréquent : il peut être dû à des affections dermatologiques spécifiques, ou bien peut être présent sans évidence clinique d’une maladie de la peau.

On parle de prurit aigu lorsque son apparition est brutale et soudaine et son intensité d’emblée importante, et de prurit chronique lorsque son apparition a tendance à être ancienne avec des symptômes initialement peu marqués mais qui s’aggravent avec le temps.

Chez le chien, le comportement associé au prurit peut se manifester de différentes manières : grattage, frottage, léchage, mordillements, épilation et, à l’occasion, irritabilité et changement de comportement (intolérance, agressivité). 

-L’animal peut se gratter à l’aide de ses membres, et en particulier grâce à leurs extrémités distales munies de griffes. Les membres antérieurs lui permettent d’atteindre la région faciale ; les membres postérieurs, plus fréquemment utilisés, les régions cervicale, thoracique et abdominale.

-Il peut également se frotter sur un support. Ce comportement est typiquement observable quand un chien se frotte les flancs contre un mur, ou au cours du signe du traîneau qui consiste en un déplacement du chien en position assise en se traînant grâce à ses antérieurs et lui permettant de se gratter en région péri-anale. -L’animal peut se secouer, en particulier la tête et les oreilles.

-Enfin, il peut se lécher et se mordiller les régions accessibles, comme extrémité distale des pattes, l’abdomen, la région ano-génitale, la ligne du dos en région caudale, la queue.

Le comportement associé au prurit, si intense ou chronique, peut entraîner des lésions dites lésions de grattage. On retrouve des excoriations, de l’érythème, de l’alopécie auto-induite par cassure du poil, une lichénification de la peau.

De nombreux stimuli peuvent être à l’origine de prurit.

 

Notions de seuil de prurit et de sommation des effets

La notion de seuil de prurit est importante à comprendre. Pour qu’un prurit se déclenche, il faut surpasser l’inhibition de l’interneurone inhibiteur et la tolérance centrale. Selon l’individu, ce seuil varie, ce qui explique les sensibilités différentes d’un individu à l’autre, face à un stimulus qui semble identique. C’est donc une notion individuelle, liée au fait que de nombreux stimuli peuvent contribuer au niveau de prurit chez un animal donné. Peuvent être cités entre autres facteurs les ectoparasites, les levures et les bactéries colonisatrices ; mais également les sensations de froid, chaleur, douleur, stress, anxiété ou l’ennui peuvent modifier la perception du prurit chez l’homme. Le seuil de prurit correspond dès lors au niveau de stimuli qui, une fois atteint, entraîne le déclenchement du prurit et l’apparition des symptômes.

Ainsi, tout individu est capable de supporter un certain nombre de stimuli sans éprouver la nécessité de se gratter. Ce n’est donc que lorsque plusieurs stimuli sont présents en même temps et excèdent le seuil sus décrit que l’animal a envie de soulager ce prurit. Le concept de sommation des effets permet de comprendre que les différents stimuli s’ajoutent les uns aux autres jusqu’à atteindre le seuil de prurit et qu’une fois ce dernier atteint, l’addition de stimuli supplémentaires ne fait qu’accroître la sensation de prurit. Ainsi, parfois, un stimulus prurigène est-il insuffisant pour déclencher seul le prurit ; si un stimulus d’une autre origine, également insuffisant pour déclencher seul le prurit, s’ajoute au premier, le seuil de prurit va être dépassé et les symptômes vont apparaître.

Notons toutefois que ces notions communément utilisées en dermatologie vétérinaire n’ont jamais été validées ou testées.

Quand le prurit est présent, l’action de se gratter entraîne la libération de médiateurs de l’inflammation qui induisent à nouveau ou aggravent la démangeaison. On se trouve alors face à la notion de cercle vicieux : le prurit conduit à un comportement de grattage qui renforce la sensation de prurit, et ainsi de suite.

 


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