La leishmaniose du chien

 

La leishmaniose du chien , une dermatose qui ne sévit pas que sur le bassin méditerranéen ..

 

La leishmaniose est une maladie infectieuse zoonotique majeure due au développement et à la multiplication, principalement dans les cellules du système des phagocytes mononuclés, d'un protozoaire flagellé du genre Leishmania. Cette parasitose transmise par des Psychodidés du genre Phlebotomus affecte donc l’Homme et l’animal et plus particulièrement nos chiens domestiques considérés comme le réservoir principal pour l’Homme. la leishmaniose canine est une maladie dont le spectre de manifestations cliniques est très étendu et qui est mortelle chez le chien non traité. Même si la transmission à l’Homme reste rare, la leishmaniose canine est une zoonose majeure, et le rôle de réservoir du chien continue de poser des problèmes de gestion du risque en santé publique. Ces constats, associés aux enjeux thérapeutiques et préventifs, justifient l’intérêt continu et croissant à l’égard de cette protozoose. De nouvelles techniques diagnostiques plus sensibles et spécifiques ont été développées récemment afin de permettre une meilleure appréciation de la prévalence de l’infection.

 

Etiologie

L’infection canine la plus largement répandue et la mieux caractérisée est celle causée par L. infantum, qui appartient au complexe de L. donovani et qui infecte à la fois les hommes et les chiens, principalement dans le bassin Méditerranéen, au Portugal, en Afrique de l’Ouest, en Asie du Sud et en Amérique latine ainsi qu’aux Etats-Unis de manière plus récente.

 

Epidémiologie

L’infection par Leishmania infantum chez le chien est endémique dans cinquante pays à travers l’Europe, l’Afrique, l’Asie et l’Amérique. Lors des dix dernières années, plusieurs constats ont été faits en matière d’épidémiologie de la leishmaniose canine, à savoir une augmentation de l’incidence de l’infection en région endémique, l’expansion des foyers vers le nord en Europe y compris dans les régions jusque-là non endémiques et l’émergence de la maladie en Amérique du nord. En effet, des estimations révèlent que deux millions et demi de chiens sont infectés dans le sud-ouest de l’Europe et que la maladie a tendance à se propager vers le nord notamment au pied des Alpes et des Pyrénées. En ce qui concerne la France, la même tendance est donc observée à savoir l’extension au nord et surtout à l’ouest de nouveaux foyers par rapport aux foyers originaux de la maladie dans le sud-est.

 

Le point essentiel concernant la leishmaniose canine est qu’infection ne signifie pas maladie clinique. Le nombre d’infections sub-cliniques est très élevé et certains chiens peuvent présenter une atteinte de plusieurs organes sans manifestation cliniques évidentes. De nouvelles classifications ont donc été mises en place afin d’améliorer la gestion des animaux atteints. On définit les animaux atteints de leishmaniose clinique comme ceux qui présentent des signes cliniques et/ou des anomalies para-cliniques et dont l’infection par Leishmania infantum a été prouvée. Les animaux qui présentent une infection asymptomatique, qu’on qualifie encore de cliniquement sains, sont ceux qui ne présentent ni signes cliniques à l’examen physique, ni anomalies des paramètres hématologiques, biochimiques ou urinaires usuels mais dont on a prouvé l’infection par Leishmania infantum.

 

La majorité des chiens infectés par les leishmanies ne vont pas développer de signes cliniques ou d’anomalies para-cliniques. La fréquence de la maladie est souvent inférieure à 10% de la totalité des chiens infectés dans les zones endémiques. Des études reposant sur des tests PCR ont montré que la prévalence de l’infection en région endémique était considérablement plus élevée, de l’ordre de 63% à 80% de la population par rapport à la prévalence de la maladie, de l’ordre de 1% à 29% ou la séroprévalence, variant de 5% à 30%

La leishmaniose du chien
La leishmaniose canine

Clinique

Le tableau clinique de la maladie est très varié selon les individus compte tenu de la complexité des mécanismes physio-pathogéniques et immunologiques sous-jacents ainsi que de la diversité des organes atteints. La période d’incubation avant l’apparition des signes cliniques de la maladie chez le chien est très variable et peut durer de trois mois à sept ans même si comme mentionné précédemment la majorité des chiens infectés restent des porteurs asymptomatiques toute leur vie. L’image histo-pathologique des tissus infectés est une réaction inflammatoire granulomateuse, associée à la présence d’amastigotes de leishmanies dans les macrophages.

 

La leishmaniose canine viscérale est donc une maladie systémique aux signes cliniques très variables pouvant impliquer n’importe quel organe ou tissu.

En ce qui concerne l'atteinte générale, le chien peut présenter une apathie, une cachexie, uen atrophie musculaire, une pâleur des muqueuses, un épistaxis, une hypertrophie ganglionnaire, une boiterie, une hyperthermie ou encore une hépato et splénomégalie.

Au niveau cutané, le chien peut présenter une dermatite exfoliative, ulcérative, papuleuse, ou nodulaire. Il peut également présenter des lésions nasales ressemblant à une dermatose auto-immune, et une hyperkératose naso-digitée.

 

Prophylaxie

 La lutte antiparasitaire contre les vecteurs est à intégrer dans le plan de lutte dans les zones géographiques de présence des phlébotomes. Une classe chimique domine, les pyréthroïdes de synthèse. Plusieurs formulations ont fait l’objet d’études expérimentales et terrain. La formulation collier (deltaméthrine) a été la première à faire l’objet d’évaluations et on dispose donc de davantage d’information la concernant. Ce collier protège les animaux d’une majorité des piqûres pendant 5 mois. Les formulations spray et spot-on contenant de la perméthrine sont également utilisables, elles protègent moins longtemps (2-3 semaines pour les spots-on) mais sont efficaces plus rapidement après application (d’emblée pour le spray, après 24 heures pour le spot-on).

 

Depuis mars 2011, un vaccin est disponible sur le marché vétérinaire européen. Constitué de protéines excrétées secrétées de Leishmania infantum, le vaccin est indiqué chez les chiens pour une immunisation active des chiens Leishmania-négatifs à partir de l'âge de 6 mois pour réduire le risque de développer une infection active et une maladie clinique après contact avec Leishmania infantum. 

Leishmaniose du chien
Leishamniose canine : Sévères lésions ulcérées abdominales

Traitements

 

Le traitement de la leishmaniose du chien varie selon l'état clinique de l'animal, son âge, sa race. Il doit donc être réfléchi au cas par cas sachant que plus un traitement est mis en place tardivement plus cela diminue les chances de guérison et donc la probabilité qu'elle entraîne le décès de l'animal.

 

Source

Briffod Cécile. Revue actuelle en matière de leishmaniose canine. Thèse d’exercice, médecine vétérinaire. Toulouse 3, 2011