Symptômes et traitement de la gale des oreilles du chat et du chien

Importance

Il s’agit d’une dermatose parasitaire fréquente chez le chien, et encore plus chez le chat, chez qui elle constitue la principale acariose rencontrée. Dans l’espèce féline, elle est à l’origine de près de 25 % des motifs de consultation en dermatologie (99). Otodectes cynotis est responsable de 50 à 84 % des otites externes dans cette espèce, et il est présent chez 4,2 à 28,4 % de la population féline selon les études (87). Chez le chien, Otodectes cynotis est à l’origine d’environ 10 % des otites externes.

Contagiosité

Il existe principalement une contamination par voie directe, en effet ce parasite est très facilement transmissible entre congénères, plus particulièrement entre jeunes. Toutefois une transmission par voie indirecte est également probable. Il ne s’agit pas d’un parasite spécifique, de ce fait on peut le retrouver dans de nombreuses autres espèces. Certains cas ont été rapportés chez l’homme. Il serait à l’origine de l’apparition de papules prurigineuses sur les bras et le tronc du propriétaire. Il pourrait également être à l’origine d’une otite parasitaire chez l’homme. Ces contaminations humaines restent néanmoins sujettes à controverse.

Morphologie

Il s’agit d’un acarien de grande taille, soit 460 à 530 µm de long. Son rostre est court et pointu. Ses 4 paires de longues pattes dépassent l’avant et l’arrière du corps, à l’exception de la quatrième paire de patte atrophiée des femelles. Le dimorphisme sexuel est très net. En effet, le mâle se reconnaît aisément par des lobes abdominaux peu développés portant des soies filiformes. De plus, une ventouse subsessile se trouve sur les tarses des 4 paires de pattes chez le mâle, et uniquement à l’extrémité des 2 paires antérieures chez la femelle (Photo 3.3). Les œufs sont ovalaires.

Acarien reponsable de la gale des oreilles chez le chat et le chien
Otodectes cynotis femelle
Otodectes cynotis mâle
Otodectes cynotis mâle
Ventouses présentes à l’extrémité des pattes
Ventouses présentes à l’extrémité des pattes
Œuf d’Otodectes cynotis
Œuf d’Otodectes cynotis

Biologie

Il possède un cycle parasitaire d’environ 3 semaines, qui se déroule entièrement sur l’hôte, à la surface de la peau. Il se déplace rapidement et il se nourrit de débris épidermiques et de fluides tissulaires.

 

Les œufs sont pondus sur la peau, et non pas dans un tunnel, en effet, à la différence d’autres acariens, Otodectes cynotis ne creuse pas de galeries. Après 4 jours d’incubation environ, une larve hexapode sort de cet œuf. Par la suite, elle va muer en protonymphe puis en deutonymphe octopodes. C’est cette dernière qui se fixe au mâle. Après 5 à 6 jours, elle mue éventuellement en une femelle qui sera ainsi immédiatement fécondée.

 

Symptômes

Cet acarien se localise principalement dans les oreilles du chat, mais aussi du chien. Il est alors à l’origine d’une otite externe érythémato-cérumineuse le plus souvent bilatérale. Le cérumen, riche en parasite, est sec, brunâtre, cassant, et inodore. Un prurit important est généralement présent, ce qui entraîne l’apparition d’une alopécie, d’excoriations ou de plaies rétro-auriculaires. Si l’on n’observe pas de lésions de grattage, on peut néanmoins mettre en évidence un réflexe audito-podal par introduction d’une curette, cela provoque un mouvement de pédalage du membre postérieur du même côté. Ce réflexe est présent dans près de 80 % des cas. On peut également déclencher un réflexe otopodal, non spécifique, par frottement de la zone de Henry du pavillon auriculaire (Photo 3.6). Par la suite, l’otacariose auriculaire peut s’infecter, entraînant alors une otite externe suppurée, chez le chien, comme chez le chat. De plus, lorsque l’animal se secoue souvent la tête, on peut voir apparaître un othématome. Cela est principalement observé chez le chien.

Exceptionnellement, les otodectes quittent les conduits auditifs pour gagner la surface cutanée. On peut alors les retrouver sur le reste du corps, et plus particulièrement au niveau de la tête, de l’encolure, de la queue, et en région dorso-lombaire. Des localisations corporelles sans atteinte des conduits auditifs ont été décrites. On peut alors observer un prurit corporel pouvant notamment mimer celui qui est présent lors de dermatite allergique. D’un point de vue lésionnel, on peut observer une dermatite miliaire féline ou une alopécie extensive féline). C’est pourquoi, même si ces syndromes sont le plus souvent d’origine allergique, on est obligé de réaliser des raclages afin de rechercher une éventuelle otacariose disséminée.

 

Les lésions auriculaires et cutanées sont dues à l’action irritative des parasites, mais des réactions d’hypersensibilité pourraient également intervenir. En effet, des cas d’otacariose avec prurit marqué ont été décrits, alors que très peu de parasites ont pu être retrouvés. De plus, il existe une réactivité croisée avec Dermatophagoïdes farinae et Dermatophagoïdes pteronyssinus. Cela rend donc irréalisable la réalisation de tests cutanés chez un animal qui présente une otacariose. En effet, on obtient près de 60 % et 50 % de faux positifs, respectivement pour Df et Dp. De même, une otacariose doit être systématiquement recherchée avant de réaliser des tests cutanés chez un chien ou un chat.

Le cerumen est brunâtre et cassant lors d’otacariose
Photo de la gale d'oreilles du chat
Réflexe otopodal positif
Réflexe otopodal positif
Le traitement de la gale d'oreilles du chat doit être rapide sous peine d'aggravation
Croûte labiale unique due à une otacariose disséminée
Alopécie dorso-lombaire due à une otacariose disséminée
Alopécie dorso-lombaire due à une otacariose disséminée
Photo de la gale chez le chat
Otacariose disséminée

Diagnostic

Lors d’otacariose uniquement auriculaire, la mise en évidence de ces parasites peut être réalisée par prélèvement de cerumen et dépôt dans du lactophénol. Par la suite, une recherche microscopique à l’objectif 10 permettra d’observer les parasites, leurs excréments ou leurs œufs. Un accouplement est fréquemment observé . Si la mise en évidence est généralement facile chez le chat, elle est souvent plus difficile chez le chien.

Lors d’otacariose disséminée, la mise en évidence de parasites sur le corps de l’animal peut être réalisée par de multiples raclages cutanés. Le produit de ces raclages est ensuite déposé dans du lactophénol avant d’être observé au même grossissement.

 

Accouplement d’un mâle et d’une deutonymphe
Accouplement d’un mâle et d’une deutonymphe

Traitement

Cette gale étant due à un acarien, il est nécessaire d'employer un acaricide. Actuellement il existe de nombreux produits employables que ce soit topiques, à mettre dans les oreilles, ou systémiques, qui agissent dans l'ensemble du corps. Selon les produits commercialiés le produit peut variés. L'ensemble des congénères doivent être traités, l'environnement parfaitement nettoyé et par sécurité un acaricide doit êgalement être mis dans l'environnement. Il s'agit d'une dermatose facile à contrôler et les récidives sont rares.